corrigé ESH économie ESSEC HEC ESCP Ecricome dissertation annales

Nous allons voir une petite analyse rapide du sujet d’économie tombé à l’ESSEC en 2017 en prépa HEC. Puis je proposerai un plan. Évidemment en dissertation d’ESH au concours BCE comme Ecricome, il n’y a pas qu’un seul plan possible !

Le sujet de dissertation d’économie était : “Gagnant en extension, l’Europe perd en intensité”. Que pensez-vous de cette affirmation de François Perroux (1974) ?

Analyse du sujet d’ESH ESSEC 2017

Un sujet passionnant et complètement d’actualité. Un sujet sur l’Europe était un peu prévisible depuis quelques années (déjà à l’ESSEC en 2012 avec “L’Europe sera monétaire ou ne sera pas”, voir mon analyse ici).

L’extension renvoie ici à l’intégration dans l’Union européenne (bien qu’on ne parlait pas d’UE avant 1992, attention à ça) de pays. On peut penser à l’Europe du Sud (Espagne, Grèce) et surtout l’Europe de l’Est. En particulier suite à la dislocation du bloc soviétique : Pologne, Hongrie, etc. ont rejoint l’Europe. Il ya aussi l’extension de la zone euro et la construction monétaire. Au moment où Perroux fait cette déclaration (1974), le monde sort du système de Bretton Woods (la fin du système s’actant entre 1971 et 1976 avec les accords de Kingston). L’Europe lançait alors le serpent monétaire européen (1972), puis le Système Monétaire Européen (SME) puis l’Union économique et monétaire (UEM avec Maastricht). Notons qu’aujoud’hui on craint un recul de l’extension de l’UE (Brexit, Frexit ?  Grexit ?).

Finalement l’extension est en déclin, parce que l’intensité de l’Europe n’a pas été au rendez-vous. Certes on a eu la PAC (1962), l’Acte Unique de 1986 qui a rendu les marchés contestables (au sens de BAUMOL, PANZA & WILLING, 1982), le traité de Maastricht (qui prévoit le passage à la monnaie unique pour les pays qualifiés et la création de la BCE) ou encore le Pacte de Stabilité et de Croissance de 1997 ( avec les 3% de déficit public et les 60 % de dette publique que personne ne se fatigue à respecter, mais passons…. ). Mais l’UEM n’a pas été une Zone Monétaire Optimale (MUNDELL, JOHNSON, …). L’euro fort a été une aubaine pour l’Allemagne, mais un désastre pour les autres pays de la zone euro. Les pays qui ne l’ont pas adopté semblent plutôt bien se porter (Grande-Bretagne, Danemark, Suède …). La convergence promise n’a pas eu lieu (ou pas assez, parce que mine rien l’Espagne ou encore la Pologne ont bien tracé grâce aux aides européennes !! ne l’oublions pas). L’intégration budgétaire n’a pas été possible. Pire, on observe une concurrence fiscale (Irlande avec son taux d’IS de 12,5%, cas du Luxembourg ou encore l’Allemagne) au grand bénéfice des FMN (Google, Uber, Starbucks… ). On a un éclatement des modèles d’État providence (cf. ESPING-ANDERSEN) et un risque de “dumping social” (concept de Maurice ALLAIS. Mais notons qu’il est un peu capillotracté de parler de dumping social en Europe). Bref, ya pas mal de trucs qui ne tournent pas rond. D’où l’idée que l’extension de l’Europe nous a empêchés de construire une vraie union budgétaire, sociale …

Essayons de définir rapidement intensité : on peut voir une intensité en droit ou de fait

  • de facto : liens commerciaux, monétaires, flux de populations …
  • en droit : rapprochement des lois /réglementations/politiques et développement de lois/réglementations/politiques communes et supranationales.

On peut citer les auteurs qui critiquent la situation actuelle de l’Europe (PIKETTY, STIGLITZ, …) et ceux qui pensaient que c’était fichu d’avance (TODD !)

Proposition de corrigé pour cette dissertation

La partie la plus facile du plan est, je pense, le III. On peut faire un III du type “Ce n’est pas une fatalité”. Ça marche assez bien en général.

Voyons une proposition de plan :

I)  Depuis les années 70, il y a effectivement des gains d’extension et une perte d’intensité pour l’Europe

II) Aujourd’hui c’est encore pire y’a des pertes d’extension et d’intensité

III) Ce double recul n’est pas une fatalité ! (réforme structurelle, rendre l’Europe plus démocratique, avoir une vraie vision technologique. Je n’en dis pas plus parce que c’est tout le grand III du cours de la masterclass sur l’Europe).