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Sujet d’ESH à l’ESCP 2016 : La mondialisation peut-elle expliquer les mauvaises performances économiques et sociales d’un pays ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Un sujet très facile. Peut-être trop ! Tout le monde avec un cours de base sur la mondialisation pouvait traiter ce sujet. Le problème, c’est qu’au concours on est noté par rapport aux autres… Il est donc très difficile de sortir du lot sur un sujet comme ça. J’explique dans ma petite formation « Comment gagner 5 points en ESH » comment gérer ce type de sujet. Mais je peux déjà te donner un indice ici : il faut bourriner et bien analyser tous les mots du sujet !! Un plan chronologique ou un plan “pour ou contre la mondialisation” aurait été une erreur, je pense. Plus le sujet a l’air simple, plus il faut faire attention aux détails. Notons que les sujets sur la mondialisation ne sont pas une surprise: presque 30 % des sujets tombés depuis 15 ans portaient sur la mondialisation, le libre-échange ou le commerce international (ce qui revient plus ou moins à la même chose). Il fallait évidemment placer les références de base de la mondialisation (SMITH, RICARDO, LIST, KRUGMAN, HOS, …) mais surtout se focaliser sur les 30 dernières années, depuis le début de la seconde mondialisation quand « la peur a brutalement changé de camp » pour reprendre l’expression de Daniel COHEN. Des auteurs récents sur des problèmes récents étaient attendus !

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2015 : Peut-on considérer que la concurrence constitue le véritable moteur de la croissance économique ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Un sujet à la rencontre de la microéconomie et de la macroéconomie. C’était le sujet parfait pour placer des graphiques (je rappelle que les graphiques c’est important en ESH !). La dernière fois que l’ESCP avait donné un vrai sujet sur la concurrence, c’était en 2006 (voir plus bas). On avait aussi eu le droit à « Faut-il lutter contre les monopoles » à l’ESSEC en 2011. Dans une vision libérale, la concurrence est assurément le moteur de la croissance (WALRAS, MARSHALL, HAYEK, FRIEDMAN…) et inversement l’absence ou l’insuffisance de la concurrence devient synonyme de mauvaises performances économiques. On peut citer ici le triangle d’HARBERGER, l’X-inefficiency de LEIBENSTEIN ou encore la critique des rentes en France par Jean-Marc DANIEL (L’État de connivence, en finir avec les rentes, 2014). D’une certaine manière la construction européenne semble suivre cette logique en favorisant la concurrence et en luttant contre les monopoles publics, les ententes, les subventions publiques ou encore le dumping (une lutte plus ou moins efficace quand on voit, par exemple, les pratiques fiscales irlandaises). On peut néanmoins prendre le point de vue inverse et montrer que la concurrence n’est pas source de croissance, qu’elle entraîne une destruction des profits et une compression des salaires (low cost). Or, de faibles salaires, d’un point de vue keynésien (Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, 1936), freine la demande et donc la croissance ! On peut aussi prendre tous les modèles de développement et de croissance fondée sur le développement de champions nationaux (Allemagne sous BISMARCK avec les Konzern) ou publics (France sous DE GAULLE). Avec la révolution numérique (TIC) et la mondialisation, la dynamique de la concurrence a pris une toute nouvelle dimension. Dernier point, il ne fallait surtout pas oublier SCHUMPETER ou l’ubérisation des économies.

 

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2014 : Existe-t-il une fiscalité optimale pour assurer la croissance économique ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Un sujet en apparence très dur ! Mais pas très surprenant: en 2014 les débats sur la fiscalité (Taxe à 75 % de HOLLANDE, CICE, mouvements des pigeons…) étaient omniprésents. Plus généralement, la question de la fiscalité est centrale en France depuis quelques décennies. La fiscalité française est désincitative et pousse à l’exil fiscal pour certains ! Pour d’autres, elle est très largement insuffisante compte tenu des inégalités et de la progression rapide des patrimoines depuis plus de 30 ans (PIKETTY, Le Capital au XXIe siècle, 2013) ou encore pour lutter contre un « capitalisme d’héritiers » (Thomas PHILIPPON, Le Capitalisme d’héritiers, la crise française du travail, 2007). Enfin, pour certains auteurs, la fiscalité française est à la fois économiquement inefficace et socialement injuste (SAEZ, PIKETTY & LANDAIS, Pour une révolution fiscale, 2011). Parmi les références incontournables, on pouvait citer la courbe de LAFFER, le triangle d’HARBERGER appliqué à la fiscalité (oui ! encore cette référence !) ou encore KEYNES pour qui quand le taux de prélèvement obligatoire dépasse les 25 % on sort de l’économie de marché !! (Remarque : KEYNES était nettement plus libéral que ceux qu’on appelle aujourd’hui les « keynésiens »).

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2013 : Le taux de change est-il encore aujourd’hui un bon facteur de compétitivité ?

Analyse pour la dissertation d’économie : conforme à une certaine régularité, ce sujet était aussi ancré dans l’actualité ! En 2013 on parlait jour et nuit de compétitivité (CICE, Rapport GALLOIS…). La même année la compétitivité était tombée directement à HEC (« Administrations publiques et compétitivité ») et indirectement à l’ESSEC (« La France face aux mondialisations »). Ce n’était donc pas une surprise. Il fallait en revanche bien maîtriser son cours sur le système monétaire international (SMI) et sur les théories des taux de changes (MEESE & ROGOFF avec la « Random Walk », la courbe en J etc.).

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2012 : L’inflation est-elle la meilleure des solutions pour résoudre les crises de la dette publique ?

Analyse pour la dissertation d’économie : J’analyse ce sujet dans la masterclass ! tu peux aussi trouver ma copie sur ce sujet (20/20) dans le Kit de départ de ce site ! Je n’en dis donc pas plus ici.

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2011 : La mondialisation explique-t-elle principalement le rattrapage des pays émergents ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Ce sujet de l’ESCP est assez proche d’un sujet d’ESH (même si on appelait ça AEHSC à l’époque) tombé à HEC en 2006 « L’émergence des nouveaux pays industriels est-elle un frein à la croissance des pays avancés ? ». Le mot compliqué est évidemment “principalement” (attention à bien définir les mots du sujet). La mondialisation explique plein de choses ! Mais toutes ces choses ne sont pas notre sujet ici. Il faut se focaliser sur le rattrapage des pays émergents. On utilise des terminologies différentes pour parler des pays émergents : PED, NPI, NPIA, Dragons, Tigres, BRICS ! On veut entendre parler des stratégies de développement (Vol d’oie sauvage d’AKAMATSU par exemple), du développement de la mondialisation, de l’insertion de ces pays dans ce processus (avec une évolution de leurs dotations factorielles comme l’a théorisé le théorème de RYBCZYNSKI ou encore la division internationale des processus productifs de Bernard LASSUDRIE-DUCHÊNE). Notons aussi une très forte hétérogénéité au sein des pays émergents. Ils connaissent des situations différentes : la Chine n’est pas l’Inde qui n’est pas le Nigéria. Notons aussi que derrière l’unité affichée des BRICS (création de la Banque Mondiale des BRICS en 2014) il demeure de nombreuse divergence d’intérêt.

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2010 : Les Unions Economiques Régionales ont-elles été et sont-elles encore le moyen de contourner le libre-échange ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Le sujet d’ESH à l’ESCP en 2010 était, à mon goût, assez technique. Il se focalisait sur une sous partie du chapitre sur la mondialisation ! Il y avait donc le risque que de nombreux profs n’y aient pas consacré beaucoup de temps dans l’année. C’est l’occasion de rappeler la nécessité d’avoir toujours du recul et un esprit critique (même par rapport à ce que je dis !). Parmi les théories centrales, on peut citer : Jacob VINER (The Custom Union Issue) ou encore Bela BALASSA (Theory of Economic Integration). Il fallait parler de la construction européenne (EU, Zone Euro) mais aussi de l’ALENA ou encore de l’ASEAN !

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2009 : Les banques centrales ont-elles eu et ont-elles aujourd’hui une influence décisive sur l’activité économique ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Un sujet original… et très fortement d’actualité en 2009. En 2009, on est au milieu de la plus importante crise économique depuis la crise de 1929. La crise financière amorcée à l’été 2007 est devenue une crise économique majeure ! La croissance s’effondre et devient négative (récession), le chômage explose (de quoi illustrer la loi d’OKUN !) et les banques centrales (FED, BCE, Bank Of England, Bank of Japan, …) sont en première ligne pour tenter d’endiguer la crise ! C’est l’occasion de revisiter l’histoire des banques centrales (création de la Banque de France par NAPOLÉON en 1800) et de la constitution des systèmes monétaires et financiers depuis la fin du XVIIIe siècle. On voit d’emblée qu’un plan chronologique pouvait faire l’affaire ! À travers les banques centrales, c’est aussi la monnaie et la politique monétaire qui étaient au cœur du sujet. On pouvait alors citer toutes les théories sur ces points (IS/LM de HICKS et HANSEN, KEYNES, IS/LM/BP de MUNDELL & FLEMING, FRIEDMAN, LUCAS, PHILLIPS …). Finalement le sujet n’était pas si complexe et il y avait plein de choses à raconter !

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2008 : L’ouverture internationale a-t-elle modifié fondamentalement la nature des crises financières ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Un sujet au cœur de l’actualité ! Si tu crois encore que les sujets n’ont rien à voir avec l’actualité, pense à ta reconversion… ! C’est un sujet sur la globalisation financière (intersection de la finance et de la mondialisation). C’est un sujet où il est facile de faire un plan “Oui/Non”. “Oui”, parce qu’à travers les flux financiers internationaux, les déréglementations (BOURGUINAT) et les TIC les crises financières se propagent plus rapidement, la spéculation devient internationale et les sources de crises financières peuvent venir de partout ! “Non”, parce qu’il y a encore une constante dans les crises financières, les théories MINSKY et KINDLEBERGER restent valides que l’on soit en économie fermée ou en économie ouverte. On aurait pu faire un grand III, où on explique comment l’ouverture économique doit surtout nous amener à repenser la prévention et la gestion des crises financières (règles prudentielles, Taxe TOBIN…).

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2007 : L’inflation est-elle toujours et partout un frein à la croissance économique dans les pays développés ?

Analyse pour la dissertation d’économie : Depuis les années 1980, l’inflation est maîtrisée dans la plupart des PDEM. Le Japon fait l’expérience de la déflation, phénomène qu’on croyait disparu depuis les années 1930. Certains PED, en revanche, connaissent davantage d’instabilités monétaires. Par exemple le Zimbabwe avec son hyperinflation. Quand le sujet dit « inflation », on peut évidemment parler de la déflation, de la désinflation ou encore de l’hyperinflation. Pour revenir à notre sujet, attention à ne pas tomber dans inflation et chômage et de ressortir la courbe de PHILLIPS et sa critique. C’est n’est pas le sujet ! Il faut rester dans le vif du sujet et analyser les théories, les faits et l’actualité mobilisables pour le sujet. La faible inflation depuis les années 1980 s’est accompagnée d’une faible croissance. Inversement la forte inflation des trente glorieuses coïncidait avec une forte croissance (TCAM en 5 % en France !). On peut aussi reprendre les théories des cycles (KITCHIN, JUGLAR, KONDRATIEFF) et les faits stylisés (KALDOR) pour étoffer le traitement du sujet. Enfin, les théories monétaristes (Milton FRIEDMAN, Inflation et système monétaire, 1968) me paraissent incontournables !

 

 

Sujet d’ESH à l’ESCP 2006 : La concentration industrielle est-elle toujours un obstacle à la concurrence ? (vous appuierez vos assertions sur des exemples tirés de l’histoire économique depuis 1850)

Analyse pour la dissertation d’économie : le dernier sujet de notre liste porte sur la concurrence et la concentration. Il s’agit ici d’un sujet très microéconomique. Je t’invite à lire l’analyse du sujet “faut-il lutter contre les monopoles” (ESSEC, 2011) et peut-on considérer que la concurrence constitue le véritable moteur de la croissance économique ? (ESCP, 2015) pour répondre à ce sujet ! Enjoy !